A Hero Never Dies

Drunken masters

Affiche A Hero Never Dies

Le 13 octobre dernier nous quittait prématurément Szeto Kam-Yuen, scénariste Hongkongais des films de Soi Cheang, de S.P.L (Wilson Yip) et pour la Milkyway Image (The Longest Nite, Expect The Unexpected, Exilé…), entre autres.


Débutant en 1997 sur le Too Many Ways To Be Number One de Wa Kai-fai, c’est véritablement en 1998, toujours au sein de la structure de production de Johnnie To, qu’il est définitivement lancé avec ce putain de film qu’est A Hero Never Dies de ce même To. La triste disparition de ce scénariste est donc l’occasion de revenir brièvement sur cette œuvre méconnue.

Rien de tel qu’un verre de vin pour sceller une amitié. Et pour Johnnie To, c’est aussi l’occasion de porter la rivalité et le profond respect mutuel à leur paroxysme.
Martin (Lau Ching-Wan) et Jack (Leon Lai) sont gardes du corps de deux parrains ennemis. Ils sont de la même trempe et se respectent énormément. Le risque qu’un jour ils en viennent à s’entretuer ne les a pourtant pas empêché de tisser une certaine amitié. Des liens qui se raffermiront lorsqu’au cours d’une opération leurs chefs respectifs les trahissent, les laissant pour mort. Martin est désormais cul de jatte et Jack a vu sa femme brûlée vive. La haine qu’ils éprouvent envers leurs anciens patrons va les réunir pour une vengeance pas piquée des hannetons (voir l’impressionnant et remarquable gunfight final).

Ce film de Johnnie To datant de 1998 n’est jamais sorti en salles en France et n’a jamais bénéficié d’une quelconque édition DVD. Un désintérêt auquel on commence malheureusement à être habitué avec To mais qui ne lasse pas de surprendre vu la relative notoriété qu’il a depuis acquise (rétrospective à la Cinémathèque française en 2009, tout de même). Vraiment dommage car A Hero Never Dies est plus qu’un superbe polar opératique, il constitue une pièce maîtresse dans l’œuvre du génie hongkongais. On y retrouve les motifs qui infuseront ses films suivants de manière encore plus travaillée : opposition loyauté / amitié, la façon ludique d’appréhender les rapports humains, la mise en scène millimétrée des gunfights, la vengeance, l’amour impossible...

A Hero Never Dies
 

Une scène est particulièrement remarquable et illustre à merveille la façon dont To envisage les rapports de forces ou les relations humaines. Martin et Jack se connaissent bien depuis le temps, ils se fréquentent même en dehors de leur job. Et n’aiment rien moins que partager une bonne bouteille de vin. Mais attention, la fraternité n’élude pas la rivalité. Ainsi, nous allons assister à un brillant affrontement à coups de lancers virtuoses de pièce de monnaie.
Tout commence comme un pur affrontement de western lorsque chacun sort de son véhicule, se toisant et se saisissant de son "arme". Leurs véhicules respectifs détruits, il faut bien trouver un autre moyen de s’affronter et imposer sa supériorité.
Cela passera alors par un duel sans violences, ni coup de feu où l’espièglerie de ces grands enfants fera merveille. Ce sera à qui brisera le verre de vin de l’autre dans des positions toujours plus alambiquées. Une manière de s’amuser tout en testant leurs capacités et leur esprit de compétition. Une séquence pratiquement sans paroles, rythmée par les bruits de verres se brisant, la musique de Raymond Wong et enfin le rire. De cette scène au comique avéré, Johnnie To en fait également une représentation dérisoire de la vie, de leurs vies de tueurs affidés, où il est parfois difficile de se laisser aller et déguster le moment présent.




CHAN SAM YING HUNG
Réalisateur : Johnnie To
Scénario : Szeto Kam-Yuen & Yau Na-Hoi
Production : Catherine Chan, Gary Chan, Johnnie To, Wa Ka-Fai

Photo : Cheng Siu-Keung
Montage : Chan Chi-Wai
Bande originale : Raymond Wong
Origine : Hong Kong
Durée : 1h36
Sortie française : /




   

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