Aviator

La folie des hauteurs

Affiche Aviator

Hollywood, l’âge d’or. Un personnage haut en couleur attire une certaine attention : Howard Hughes (Leonardo Di Caprio, trèèès loin de Titanic). Héritier d’une fortune colossale en pétrole, ce jeune homme s’est mis en tête de réaliser un film de guerre contenant des scènes de combats aériens tenant d’un réalisme jamais vu sur un écran : Hell’s Angels.


Après avoir dépensé une véritable fortune pour que le film soit tout à fait conforme à sa vision, Hughes le fait enfin sortir sur les écrans deux ans après le début du tournage : le succès est foudroyant. C’est le début d’une carrière unique pour un homme unique. Car le succès ne quittera jamais plus Hughes. Que ce soit à travers ses conquêtes (Kate Hepburn, Ava Gardner… entre autres), ses réussites cinématographiques (Hell’s Angels, Scarface…), ou encore ses initiatives d’industriel (racheter la compagnie aérienne TWA, repousser toujours plus loin les limites techniques de l’aéronautique), Hugues est toujours un cran au-dessus des autres. Une longueur en avance sur tout le monde. Mais il est une chose qu’il ne peut distancer, quels que soient ses efforts : la folie, qui guette cet homme perpétuellement insatisfait. Celle-ci ne l’aidera pas dans sa lutte contre les ennemis qu’il s’est fait lors de son aventure industrielle dans le domaine de l’aviation. En particulier le patron de la Pan-Am, toute-puissante compagnie aérienne à laquelle la compagnie de Hugues, la TWA, commence à faire de l’ombre. Sans oublier que si sa passion absolue, l’aviation, lui apporte les seules heures de parfaite paix d’esprit qu’il peut obtenir, cette même passion manquera de lui coûter la vie lors d’un effroyable accident dont il ne sortira vivant que par miracle.
Et c’est dans cet état, diminué physiquement et fragile mentalement, que Hugues devra affronter la commission sénatoriale dirigée par ses ennemis.
C’est dans cette condition que Hughes devra défendre devant le monde entier ce qu’il a de plus précieux au monde : sa passion, l’aviation.

AUSSI PUR QUE DU CRISTAL
Tout au long du film, l’accent est mis sur la "pureté" que Hughes met au centre de sa vie, consciemment ou pas. Il refusera toujours tout compromis, quel que soit le domaine dont il est question. Pureté au niveau relationnel : il ne trompe pas ses amies. Même quand Kate Hepburn (Cate Blanchett, remarquable, comme d’habitude) le quitte pour Spencer Tracy, il tient à la sauvegarder de ce qu’elle lui a dit redouter le plus : les journalistes. Ainsi, il achètera les photos compromettantes qu’on a prises d’elle avec son nouvel amant (marié). Rien n’oblige Hughes à agir de cette manière. Mais il est ainsi : toujours correct. Toujours droit. Il reste fidèle à ses principes (mais ces principes sont-ils bien les siens ? nous y reviendrons). Car sans eux, que nous reste-t-il ?
Pureté au niveau professionnel : il ne fait aucun compromis avec ses films. Jamais.
Il refera entièrement son premier film pour que celui-ci soit tourné en mode "parlant". Il ne voudra pas le présenter au public tant que cela ne sera pas parfait à ses yeux. De la même manière, son intransigeance se manifestera à travers son refus inamovible que l’on censure ses films. Par exemple, il est prêt à démontrer mathématiquement que les décolletés des actrices de ses films sont tout à fait acceptables en regard de ce que la commission de censure a déjà laissé passer pour d’autres actrices dans d’autres films. Il ne veut pas que l’on change la moindre chose aux affiches de ses films. Et Hughes, afin de conserver cette liberté à laquelle il tient par-dessus tout, ira jusqu’à réaliser ses films en-dehors des grands studios, seul moyen d’avoir réellement les coudées franches à Hollywood.

Aviator
 

La pureté est une thématique décidément au centre de la vie de Hughes : on le sait, Hughes mourra dans la terreur des microbes et des germes. On voit cette folie lui venir petit à petit au cours du film. Il refusera à de nombreuses reprises de toucher certaines choses, de serrer certaines mains, "impures" à ses yeux. De la même manière, on ne voit jamais Hugues fumer ou boire d’alcool. Mais il est deux choses qu’il n’a jamais peur de toucher : les femmes qu’il aime et les avions. Un plan est particulièrement parlant : il enlace Kate Hepburn, sa main caressant le dos de cette dernière, et cette image s’enchaîne avec la même main caressant le fuselage de son avion-prototype hyper-rapide. Ce même prototype dont il fera redessiner et refaire le fuselage plusieurs fois jusqu'à ce qu’il soit assez lisse, assez "pur" selon ses critères. En fait, Hughes ne se sent bien qu’en volant : haut, très haut… là où l’air est le plus pur… là où il n’y a plus aucun microbe ou germe. C’est uniquement là qu’il se sent vraiment libre. Là où il est seul.

Même ce qu’il boit renvoie à une certaine notion d’immaculé : le lait. La boisson de l’enfance. On peut distinguer d’autres indices de blocage à ce niveau-là : son discours au météorologue sur les nuages en forme de "mamelles remplies de lait", toute sa démonstration quant aux poitrines visibles dans ses films. Au premier abord, on pourrait dire que Hughes se comporte comme un enfant : quand il s’agit de lui, cela doit être le plus rapide. Le plus grand. Le plus cher. "Le plus" quelque chose. Est-ce enfantin ? Non. Ce n’est qu’une absence de tous ces compromis avec lesquels la plupart des adultes acceptent très tôt de vivre. Mais Hugues est d’une autre trempe. Et il le montrera : même acculé devant une commission sénatoriale, il ne reniera pas ses principes malgré tous les dangers judiciaires ou de mauvaise presse qu’il court et refusera de céder devant la Pan-Am.
Il regardera toujours la lumière en face : là où tout le monde met des lunettes de soleil devant les flashes aveuglants des journalistes de la commission, lui affronte la lumière sans artifice et sans protection. Un homme ne peut pas mentir sur sa passion, il ne peut la renier. En restant droit, il met la commission et son président devant leur propre hypocrisie. Et c’est lui, Howard Hughes, qui par son absence de compromis remportera la victoire finale sur la Pan-Am.

LAVAGE DE CERVEAU
La mère de Hughes, dès la première image du film, installe les germes de la déviance de son fils. En lui parlant de maladie, en lui imprimant au fer rouge dans son inconscient les risques qu’il court devant elles, sa mère annihile chez Howard la possibilité de sentiment durable de sécurité. Un symptôme parmi d’autres : le refus catégorique (et initial : au tout début du film) de Howard d’aller à Houston s’occuper de ses affaires de pétrole. Il arguera que retourner là-bas alors que son film n’est pas encore fini serait un aveu d’échec. Mais que craint-il réellement le plus ? Retourner là-bas la queue entre les jambes, ou bien retourner dans cette ville "berceau de toutes les maladies, véritable marais" ? C’est peut-être tout simplement cette peur de la maladie qui est au cœur de sa marche en avant. La peur de retourner vers la maladie. De retourner vers la mort. Et pourtant, cette peur, il parviendra à la contrôler pendant un moment. Avec Kate Hepburn. Il parviendra à lui tendre son lait et à boire ce qu’elle vient de boire. Kate sera d’ailleurs la seule avec qui il ira voler.
Mais, à son tour, Kate le replongera dans l’insécurité. La scène où elle le nettoie après son record de vitesse : elle lui dit que les journalistes seront toujours partout. Qu’il ne sera jamais à l’abri. Les deux femmes que Hughes aime le plus au monde, ou du moins qui le marqueront à vie, le plongent donc dans un monde de dangers où rien n’est sûr. On distingue des symptômes de cette "marque" dans l’esprit de Howard, qui voit des complots partout. Symbolique : les deux femmes lui expliqueront leur conception du monde en le nettoyant, en le baignant. En le débarrassant des impuretés, qu’elles soient réelles ou imaginaires…
En sécurité nulle part ? Quoi d’étonnant à ce que Hughes recherche dès lors le refuge du ciel. Là où rien ni personne ne peut l’atteindre.

H COMME ICARE
"I have a dream…"
Révérend Martin Luther King.

A trois reprises, Hughes se rendra dans le ciel pour y inscrire la légende. La première fois, il battra un record de vitesse. Il s’écrasera, sans trop de dommages, mais Kate le replongera dans l’insécurité. La seconde, il testera un prototype pour l’armée des USA : tout se passera bien jusqu’à ce qu’un ennui technique le plonge en enfer.
La troisième, il fera voler le plus grand avion de la terre. Il réussit enfin. Il est accompli. Mais sa folie l’attend au sol. Il ne parviendra pas à lui échapper. Car "c’est ça, l’avenir". Son avenir.
Trop approcher le soleil, l’absolu… Tout le monde en rêve. Rares sont ceux qui essaient réellement. Encore plus rares sont ceux qui y arrivent. Mais qui y survit ?
Hughes y survivra… mais ne s’en sortira jamais indemne. Il connaîtra la peur (premier vol : ses sentiments sont altérés), les blessures (second vol : son physique restera marqué à jamais), et la folie (troisième vol : son intellect et son raisonnement sont touchés). C’est peut-être ça, l’avenir des êtres d’exception.

Aviator
 

En fait, si on réfléchit une seconde, on s’aperçoit que Hughes va beaucoup plus loin qu’Icare. Howard veut le ciel pour lui, certes. Il se sent en paix uniquement lorsqu’il vole. Mais Howard veut que tout le monde puisse connaître ce sentiment. Il veut offrir le ciel à l’humanité toute entière. D’abord via un film : Hell’s Angels. Il manquera à cette occasion de se brûler les ailes : risquant sa réputation et beaucoup d’argent dans l’entreprise, il gagne néanmoins son pari. Le succès est au rendez-vous.
Mais ce n’est qu’un premier pas. En achetant la TWA, Hughes se donne la possibilité de poursuivre son rêve de conquête du ciel non pour lui-même, mais pour le maximum de monde. Une illustration : Howard parle aux dirigeants de la compagnie en leur disant que si très peu de gens montent dans les avions, c’est parce qu’ils ont une "trouille d’enfer". Du coup, il veut que les standards techniques des avions, comme par exemple la hauteur plancher de vol, soient adaptés pour que les gens se sentent à l’aise. Et ce faisant, en invitant le plus de monde possible dans le ciel, il défie la toute-puissante Pan Am qui se servira de ses appuis politiques pour tenter d’obtenir le monopole du ciel. Mais comme le dira Howard en parlant du patron de la Pan Am : "Il ne possède pas le ciel !!". Howard se battra de toutes ses forces contre cette idée de monopole. Contre l’idée qu’une seule personne puisse posséder le ciel, qui par essence est à tout le monde. En fait, il se battra de toutes ses forces pour que personne ne puisse jamais posséder l’objet de sa passion.
Il ira même se battre avec le gouvernement des USA lui-même pour faire valoir ses idées. Et quand il gagnera, il pourra enfin accomplir son rêve de donner les cieux à tout un chacun. Comme Prométhée, il fait un cadeau aux hommes. Mais ce n’est pas le feu qu’il leur offre… c’est le ciel lui-même. Une passion, ça ne se brade pas. Une passion, ça se donne. Cela se transmet.

ISOLEMENT THERAPEUTIQUE
"Quarantaine"… C’est le premier mot du film, et il reviendra à plusieurs reprises.
Tout au long du film, on peut constater que Howard Hughes est isolé des autres humains. Il est isolé par plusieurs facteurs, extérieurs ou inhérents à sa propre personne. Sa mère lui marquera dans l’esprit au fer rouge que les maladies le guettent en permanence, puis ce sera Kate qui lui imprimera dans l’inconscient sa propre peur des autres, alors que paradoxalement, elle ne peut pas vivre sans les autres, sans "jouer la comédie" comme le lui fait très justement remarquer Howard… après qu’Ava Gardner (Kate "miam miam" Beckinsdale) lui ait précédemment souligné cet état de fait. Des facteurs isolants, donc.
Mais il y a bien plus.

Howard Hughes est isolé des autres hommes par les caractéristiques de sa propre personne.
Par sa richesse.
Par son génie en matière de cinéma ou d’aéronautique.
Par son jusqu’auboutisme : il n’hésite jamais à hypothéquer ses studios ou sa compagnie aérienne ou à payer de sa propre poche pour pouvoir atteindre la réalisation de ses rêves.
Par son avant-gardisme.
Par sa perpétuelle insatisfaction : à peine l’Hercule envolé, il pense déjà aux avions à réaction.
Par ses rêves.
Par sa droiture : au cours du repas avec la famille de Kate, il est volontairement assailli de questions et mis mal à l’aise par tout le monde, mais il reste fidèle à lui-même et remet tous ses tourmenteurs à leur place. Il les met face à leur futilité et à leur hypocrisie (ils sont riches mais se prétendent socialistes… comme si ils pouvaient comprendre le sens de ce mot).

Aviator
 

Il est aussi isolé des autres par un handicap : il est sourd d’une oreille. Ses réactions, sa personnalité le mettent ainsi en marge. Il est aussi isolé par sa passion : dans le ciel, il est tout seul. Il vole seul. C’est d’ailleurs cette même passion qui constitue la principale identité de Hughes : quand on le sauve de l’avion en flammes, la seule chose qu’il déclare à son sauveteur, c’est "Je suis Howard Hughes. L’aviateur."
Pas le milliardaire. Pas le roi du pétrole. Pas le réalisateur. Pas l’industriel. Non : l’Aviateur. C’est par cela que Hughes se définit : celui qui voyage sans entraves. Celui qui vole. Et pour finir, sa folie (qu’il pressent tout au long du film et qui le terrifie) l’isolera encore bien davantage. Ses troubles obsessionnels et compulsifs (les fameux tocs, répétition de langage…). Sa paranoïa. Sa maniaquerie.

Toute cette quarantaine le laisse seul face à ses démons. Seul face à son propre esprit. Car Howard Hughes est le genre d’homme à n’avoir aucun ennemi à sa mesure. Et donc, son seul ennemi valable, c’est lui-même (et les craintes irréelles qu’il s’impose).

UN ANGE "GARDNER"
Ava Gardner. Seule cette femme osera remettre en place Howard Hughes. Elle sera la seule à oser le frapper quand il ira trop loin. Elle viendra à lui quand il est au plus bas, en train de plonger dans la folie : elle le tirera de l’océan de Chaos dans lequel il s’était plongé. Elle le ramènera dans le monde des vivants. Et ce sera la troisième femme à le "baigner". Mais elle ne fera pas la même erreur que les deux femmes précédentes. Alors qu’elle dit à Howard qu’elle ne l’aime pas, elle lui fait un cadeau inestimable : elle lui donne la possibilité de ne plus avoir peur. La possibilité de décider lui-même de faire ce qu’il veut faire et de ne plus se laisser contrôler par ses craintes. Elle lui demandera même de se rincer le visage lui-même : elle ne le considère pas comme un enfant mais comme un adulte (paradoxe : elle appelle Howard "mon bébé"…). Elle ne lui impose pas sa vision du monde.
"Rien n’est propre, Howard. Mais on fait tout pour que cela le soit".
Elle lui ouvre les portes du vrai monde en ne lui cachant rien, en ne lui mentant pas : oui, c’est sale. Mais ce n’est pas pour ça qu’il faut renoncer. Il ne faut pas vivre dans la peur.
Au fond, c’est ça le vrai amour, le plus beau : au lieu de faire comme la mère d’Howard ou encore comme Kate qui veulent entraîner Howard dans leurs propres peurs, Ava lui donne la clé de la liberté. La clé de la sécurité. Ou est-ce plutôt de l’insécurité ? Oui, il y a de quoi avoir peur. Mais la liberté est toujours effrayante, d’un certain point de vue. Ava est la seule que l’argent d’Howard laisse indifférente : elle refuse les cadeaux et n’accepte que des dîners de sa part. Howard ne la possède pas. C’est peut-être pour cela que ce qu’elle fait pour lui est encore plus beau.

LORD OF THE SKY
Un casting aussi fou que le personnage central du film : Leonardo Di Caprio (littéralement habité par son personnage), Cate Blanchett (impériale en Kate Hepburn), Kate Beckinsdale (à tomber à genoux en sublime Ava Gardner), Jude Law (inattendu en Errol Flynn), Ian Holm…
Un réalisateur en pleine possession de des immenses moyens.
Mais aussi un autre nom que l’on retrouve parmi les producteurs : le grand réalisateur Michael Mann. Encore un homme qui ne fait pas de compromis. Un homme avec une vision et qui est prêt à tout pour parvenir à la matérialiser telle quelle, dans sa pureté originelle. Démarche dont le caractère absolu ne plaît décidément pas à tout le monde : Collateral, un des chefs-d’œuvre absolu de cette année-là ne sera même pas cité aux Oscars… au profit de ce même Aviator.

Aviator
 

Ian Holm… Cate Blanchett… et aussi Howard Shore à la musique (qui signe ici un air enlevé soulignant la perpétuelle agitation de l’esprit sans repos de Howard)… ce n’est peut-être pas un hasard si autant de personnes ayant participé au Seigneur Des Anneaux se retrouvent dans ce film. Au fond, Howard Hughes et Peter Jackson (le réalisateur du Seigneur Des Anneaux) se ressemblent très fort. Deux hommes avec une vision, et qui réussissent l’exploit d’imposer celle-ci non seulement aux décideurs des grands studios, mais également au monde entier. Deux hommes qui vivent quelque chose d’exceptionnel : pour eux, c’est en se réveillant le matin que le rêve commence. On peut également noter un paradoxe amusant : derrière ces deux projets d’une intégrité artistique hors du commun (Lord Of The Rings et The Aviator), on retrouve dans une certaine mesure les frères Weinstein, pourtant considérés par certains comme les antéchrists du cinéma.

Il ne nous reste plus qu’à dire merci.
Merci à ce bon vieux Martin.
Car alors que Howard Hughes nous a donné le ciel, Scorsese nous fait ici un cadeau tout aussi inestimable. Avec The Aviator, Scorsese ne nous donne pas un film.
Il nous donne un rêve. Il nous donne un homme. Il nous donne une vie.

THE AVIATOR
Réalisateur : Martin Scorsese
Scénario : John Logan
Production : Michael Mann, Bob & Harvey Weinstein, Martin Scorsese, Charles Evans Jr…
Photo : Robert Richardson
Montage : Thelma Schoonmaker
Bande originale : Howard Shore
Origine : USA / Allemagne
Durée : 2h50
Sortie française : 26 janvier 2005




   

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